Belgique : l'homélie inattendue du cardinal Danneels à propos de la médiatisation exagérée des cas d’eutahnasie.

Publié le par cb

« Le prélat a condamné la médiatisation de l'euthanasie d'Hugo Claus lors de la veillée pascale.

Lors de la veillée pascale à la cathédrale Saint-Rombaut à Malines, le cardinal Danneels aura surpris plus d'un fidèle par le ton inhabituel de son homélie qui, sans la citer expressément, s'en est pris avec une fermeté certaine à la large médiatisation qui a entouré l'euthanasie d'Hugo Claus, tout en rendant un hommage appuyé à ceux qui accompagnent les malades qui ont opté pour les soins palliatifs. Après avoir constaté, non sans un brin d'amertume, que la société avait totalement laïcisé la fête de Pâques "jusqu'à remplacer les cloches par des lapins qui, il est vrai, ne parlent pas" comme si l'on ne voulait plus célébrer que de manière païenne la mutation de la nature, le primat de l'Eglise de Belgique a constaté que "notre société qui a déjà laissé tomber de nombreux tabous en a créé un nouveau, à savoir que la mort ne peut plus avoir de sens et que toute souffrance est absurde. Dans notre culture, il n'y a plus de place ni pour l'une, ni pour l'autre". Et de se focaliser, sans citer d'exemple, sur celles et ceux qui décident de mettre eux-mêmes fin à leur existence par l'euthanasie : "En quittant de la sorte la vie, on ne répond pas au problème de la souffrance et de la mort. Au contraire, on la contourne et on évite un écueil. Agir de la sorte n'est pas un acte héroïque, ce n'est pas de la matière pour les premières pages des médias. La noblesse humaine - et a fortiori l'héroïsme - doit être cherchée ailleurs : chez tous ceux, et ils sont nombreux, qui accompagnent leur prochain qui souffre médicalement et humainement jusqu'à son dernier souffle. Et aussi chez ceux qui, lorsque le moment de partir est venu, remettent leur vie avec gratitude à leur Créateur dont ils savent qu'il est aussi un père plein de tendresse"...

D'habitude bien plus consensuel lors des grandes fêtes carillonnées - ces dernières années, Noël fut l'occasion de rompre chaque fois une lance en faveur des demandeurs d'asile... qui ne perturba réellement que les milieux libéraux flamands, Patrick Dewael en tête -, l'homélie pascale du cardinal s'inscrivait en fait dans un courant plus général de désapprobation catholique à l'égard de la manière dont les médias ont évoqué la décision d'Hugo Claus d'abréger ses souffrances. Ainsi, le Frère René Stockman, supérieur général des Frères de la Charité à Rome, a réagi avec une virulence certaine sur le site de l'Eglise de Flandre (Kerknet) mais aussi dans le "Standaard" contre la surmédiatisation du départ de Claus, critiquant au passage l'ex-Premier ministre Guy Verhofstadt mais aussi "la prétention et l'arrogance d'un certain courant de pensée" - NDLR : les libres penseurs - qui essaie d'imposer sa philosophie de vie et qui qualifie de bigots ceux qui ne partagent pas cette vision".

Le monde politique catholique flamand n'était pas resté sans réaction non plus, même si ce ne fut pas avec la même vigueur que le religieux précité. Ainsi, pour le président intérimaire du CD&V, Wouter Beke, l'on ne peut certainement pas mener un débat serein sur la question... Autant de prises positions qui, désormais, ne seront pas restées sans suites. »

www.lesoir.be Mis en ligne le 25/03/2008

 

 

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