A l'aube du clonage humain?

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Les études sur les souris ont également montré qu'il était possible de créer une lignée clonée à 100 pc identique à l'adulte dont elle serait issue.

Les scientifiques ont créé des souris en implantant par insémination in-vitro des cellules adultes dans des embryons. Une partie des souris étaient des "demi-clones", les autres étaient des clones intégraux. Il est apparu que les cellules épidermiques sont reprogrammées génétiquement vers leur statut embryonnaire.

Vu la technique, plus facile à appliquer que celles utilisées lors du clonage du mouton Dolly et qui implique moins d'effets secondaires, la procédure pourrait être applicable aux êtres humains, indique le journal. La peur existe donc que des médecins utilisent cette technique dans le futur pour aider les couples stériles qui veulent des enfants biologiques, explique The Independent en citant le docteur Robert Lanza de la société biotechnologique américaine Advanced Cell Technology .

En appliquant cette technique sur un embryon humain, l'enfant posséderait des gènes issus de la cellule épidermique ainsi que des deux parents de l'embryon. Il n'y a pas de raison qu'une telle "chimère" humaine ne soit pas saine, explique encore le docteur Robert Lanza. Les études sur les souris ont également montré qu'il était possible de créer une lignée clonée à 100 pc identique à l'adulte dont elle serait issue.

 

Ils ont réussi à créer des souris en implantant dans l'embryon une cellule de peau.

Effet d'annonce d'une société biotechnologique ou nouveau pas dans la recherche sur le clonage ?Toujours est-il que des chercheurs américains ont annoncé avoir mis au point une nouvelle technique de clonage "plus simple que celle utilisée pour la brebis Dolly et impliquant moins d'effets secondaires", d'après un article publié lundi dans le journal britannique "The Independent". De quoi entrevoir la possibilité d'un jour "donner à des embryons humains les caractéristiques de son choix", d'après les auteurs de la recherche.

Ces scientifiques auraient en effet réussi à créer des souris en implantant par insémination in vitro des cellules adultes, en l'occurrence épidermiques, dans des embryons. Cela a donné, en partie, des souris "demi-clones", et, en partie, des clones "intégraux".

"En appliquant cette technique sur un embryon humain, l'enfant posséderait des gènes issus de la cellule épidermique ainsi que des deux parents de l'embryon, a expliqué le Dr Robert Lanzade la société biotechnologique américaine Advanced Cell Technology, qui assure qu'"il n'y a pas de raison qu'une telle "chimère" humaine ne soit pas saine". À voir...

De là à affirmer que l'on se rapproche à grand pas du clonage humain, il y a un pas que le Pr Christine Verellen-Dumoulin, du Centre de génétique humaine de l'UCL, ne veut manifestement pas encore franchir.

"Même si la technique peut sembler intéressante, de nombreux obstacles subsistent", explique la généticienne, qui penche davantage pour un effet d'annonce.

"Au départ, la technique a toujours recours à un embryon, souligne le Pr Verellen-Dumoulin, je ne vois donc pas en quoi la procédure est facilitée à ce point de vue. Peut-être est-ce en effet un peu moins compliqué car, auparavant, il fallait prendre un ovule, en retirer le noyau et remettre le noyau de la cellule que l'on voulait cloner pour ensuite, après un choc électrique, faire démarrer l'ovule qui donnait un embryon. Dans l'expérience présente, on prend des cellules déprogrammées mais il faut aussi un embryon pour pouvoir les injecter. Il faudra donc toujours disposer d'embryons humains pour pouvoir envoyer les cellules de peau d'un autre être humain. Le problème éthique demeure donc bien".

En outre, sur le plan scientifique, un autre problème se pose également. "Des cellules qui ne sont pas passées par le stade de l'ovule ou du spermatozoïde posent problème, poursuit le Pr Vereellen-Dumoulin, à l'heure actuelle, en effet, on ne sait pas allumer ou éteindre les interrupteurs des gènes. Selon qu'ils viennent du père ou de la mère, certains gènes doivent en effet être allumés ou éteints. Avec une cellule de peau, l'indispensable passage père-mère n'existe plus. A ce stade, on ne peut donc absolument pas être certain que cette procédure marche bel et bien".

Enfin, le fait que la procédure semble fonctionner chez la souris ne veut pas dire qu'il en sera nécessairement de même chez l'être humain.

Autant de raisons de ne pas se réjouir ou plutôt s'inquiéter prématurément. www.lalibre.be

Mis en ligne le 14/04/2008

 

Publié dans Clonage

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