ONU : le Pape défend la vie et la liberté religieuse. Il dénonce un multilatéralisme en panne, car subordonné aux décisions d'un petit nombre.

Publié le

 « La défense de la vie et de la liberté religieuse ont été les deux grands axes du discours que Benoît XVI a prononcé, hier, à la tribune des Nations unies. Ce discours très théorique du Pape théologien a résumé son enseignement sur ces deux sujets clefs de sa diplomatie spirituelle.

Devant les représentants des 192 États membres de l'ONU, il a souligné que ces derniers ne devaient pas oublier et surtout nier les droits de Dieu. Il a ainsi insisté sur l'indivisibilité de la loi naturelle» et des principes qui régissent les droits de l'homme défendus par les Nations unies. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations», a-t-il ainsi expliqué.

Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste», a-t-il mis en garde. Un leitmotiv chez le Pape pour qui la grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits». Ainsi le Pape, qui avait déjà regretté que l'ONU ne prenne pas assez en compte les principes défendus par l'Église, a dénoncé un multilatéralisme en panne, car subordonné aux décisions d'un petit nombre».

C'est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des bases communes dont le contenu est minimal et dont l'efficacité est faible», a-t-il insisté. Il a alors regretté que certaines applications de la recherche scientifique représentent une violation évidente de l'ordre de la création au point, non seulement, d'être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d'arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle».

Une condamnation à peine voilée des politiques de contrôle des naissances soutenues par l'ONU, de la procréation médicalement assistée et des manipulations génétiques.

Dans une dernière référence à l'écologie, Benoît XVI a estimé que pour préserver l'environnement et protéger les différentes formes de vie sur la terre» il fallait garantir un usage rationnel de la technologie et de la science» et redécouvrir l'authentique image de la création». Ainsi pour le Pape, il faut aujourd'hui redoubler d'efforts pour faire face aux pressions qui voudraient une réinterprétation» des droits de l'homme pour satisfaire des intérêts particuliers» et utilitaristes». Les droits de l'homme ne peuvent pas être à géométrie variable.

Le Saint-Siège lutte en particulier conter ce mouvement qui voudrait que l'avortement soit reconnu officiellement comme un droit de la femme. Pour le Pape, les droits de l'homme ne peuvent pas faire l'économie de la dimension religieuse» de l'homme et donc inclure le droit à la liberté religieuse». Un droit dont Benoît XVI s'est fait le défenseur. Les droits liés à la religion doivent être protégés», en particulier lorsqu'ils rentrent en conflit avec les idéologies sécularisées», ou dans certaines régions où existe une majorité religieuse de nature exclusive». Une référence à certains pays musulmans où les chrétiens ne sont pas libres d'exprimer publiquement leur foi. (…) » 19 avril 2008 (Le Figaro – Hervé Yannou)

Commenter cet article