Allemagne: Le Bundestag assouplit la loi sur la recherche sur embryons

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« Les députés allemands ont assoupli vendredi la législation stricte qui régit depuis 2002 la recherche sur les cellules issues d'embryons, au terme d'un vif débat dont l'enjeu reste l'avenir de la recherche génétique allemande. Comme en 2002, la question divisait tous les camps politiques. Aussi chaque député a-t-il voté en son âme et conscience, sans consigne des partis. Après des mois de controverses et de deux heures de considérations morales enflammées à la tribune, le Bundestag a finalement donné son feu vert à l'extension des conditions d'importation de cellules-souches extraites d'embryons (avec 346 voix pour, 228 contre, 6 abstentions).

La production en Allemagne de telles cellules à des fins de recherche est strictement interdite depuis 1991. Les chercheurs ne peuvent donc qu'en importer de l'étranger pour leurs travaux, comme en Italie. Jusqu'à présent, les cellules devaient avoir été cultivées avant le 1er janvier 2002 pour pouvoir franchir les frontières allemandes, ce qui correspondait au mois où avait alors été votée la loi. Désormais, celles cultivées jusqu'au 1er mai 2007 pourront être importées.

De nombreux chercheurs réclamaient un tel assouplissement de la législation, arguant du nombre et de la qualité des lignées obtenues après 2002. Environ 500 lignées seront désormais exploitables, contre une vingtaine auparavant. Polyvalentes, les cellules embryonnaires pourront peut-être un jour permettre de régénérer des tissus du corps humains (sang, cellules nerveuses, cœur...), avancent les chercheurs. Leurs détracteurs rétorquent qu'il n'y a pour l'instant "aucune preuve". Au-delà de ce débat, figure la question du positionnement de la recherche allemande et d'une potentielle fuite des cerveaux. "Beaucoup de jeunes chercheurs (en génétique) ne voient pas leur avenir en Allemagne, mais à l'étranger", relève le professeur Jürgen Hescheler. La ministre de la Recherche Annette Schavan (CDU) et plusieurs de ses collègues (Santé, Justice, Economie...) ont appuyé les scientifiques. Fustigée au sein de son propre parti, Mme Schavan a plaidé pour qu'on laisse aux chercheurs "un corridor strictement défini" permettant des travaux "de manière responsable".

La ministre a ainsi mis de côté ses considérations éthiques d'ex-vice-présidente du Conseil central des catholiques d'Allemagne (ZdK), au grand dam de son Eglise. "Tuer des embryons ne sera jamais justifiable", a estimé l'archevêque Robert Zollitsch, chef des catholiques allemands, rejoint par le président du Bundestag (CDU), Norbert Lammert, selon qui "il y a des limites, mêmes pour la recherche".

La question des travaux de génétique est particulièrement sensible en Allemagne en raison du poids des Eglises et surtout du fait du passé nazi, marqué par des expérimentations, sélections et pratiques eugénistes. L'Allemagne, dont la Constitution stipule que "la dignité humaine est inaliénable", veut devenir "le moteur de la recherche sur les cellules-souches adultes", et non embryonnaires, a souligné Mme Schavan. Les cellules-adultes ont la priorité financière. Mais le pays n'entend pas se lier totalement les mains, tandis que d'autres tels le Japon, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou la Corée "marquent des points", selon les mots d'un député. Fabrication de cellules embryonnaires interdite mais importation autorisée : certains dénoncent une position hypocrite. "A terme, elle ne sera pas tenable", a concédé vendredi l'ex-ministre de la Recherche, Edelgard Bulmahn (SPD). » 11 avril 2008 (AFP)

Avis de l’ADV : Rappelons que si l’Allemagne est réticente à la création d’embryons pour la recherche, c’est en raison des atroces expérimentations eugénistes nazies.

Source « Alliance pour les droits de la Vie »

Publié dans CS embryonnaires-Eur

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