Belgique : 31 déclarations d’euthanasie par mois en moyenne - euthanasie : mode d’emploi à livre ouvert.

Publié le par cb

Epinglé dans le rapport de la Commission d’Evaluation.

Déclarations d’euthanasie année 2005 : 371.

Mode d’emploi d’une euthanasie et produit employés : voir page 24 du rapport

« Le présent rapport confirme les données publiées dans le rapport précédent. Dans la très grande majorité des cas (89%), le décès a été obtenu en induisant d’abord une inconscience profonde par anesthésie générale, le plus souvent par injection I.V. de thiopental (Pentothal) ou similaires, et, sauf dans le cas où le décès survenait spontanément en quelques minutes1, en injectant ensuite en I.V. un paralysant neuromusculaire (Pavulon, Norcuron, Tracrium, Nimbex, etc) provoquant un décès par arrêt respiratoire. La mention d’un décès calme et rapide en quelques minutes, obtenu par cette technique, est fréquemment rapportée par le médecin dans la déclaration. Dans quelques cas, le médecin a ajouté une injection de chlorure de potassium Dans 4 cas, le décès a été obtenu, après induction de l’inconscience, par une injection de chlorure de potassium provoquant un arrêt cardiaque.

La morphine, seule ou en association avec des sédatifs n’a été utilisée que rarement (4 cas, soit moins de 1% des euthanasies), ce qui est en accord avec les données de la littérature qui déconseillent l’utilisation de la morphine comme euthanasique en raison de son action inconstante, sa longue durée d’action, ses effets secondaires. Comme l’administration de fortes doses de morphine, susceptibles d’accélérer le décès, est un procédé très fréquent en extrême fi n de vie, on peut supposer que cette manière d’agir, lorsqu’elle a été utilisée, a été considérée par le médecin comme un traitement des symptômes et non comme une euthanasie ; elle n’a donc généralement pas donné lieu à déclaration.

La brochure d’information rédigée par la commission et reproduite en annexe précise cette question. L’induction de l’inconscience par administration d’un barbiturique par la bouche a été utilisée pour 10 euthanasies (1% des euthanasies). Dans 8 de ces cas, le décès s’est produit rapidement sans autre intervention. Dans 2 cas, un paralysant neuromusculaire a été injecté après la perte de conscience. La qualifi cation de « suicide médicalement assisté » est adéquate lorsque le décès s’est produit rapidement après l’ingestion du barbiturique et qu’il n’y a donc pas eu d’injection consécutive d’un paralysant neuromusculaire.

 

Cette question a fait l’objet d’une mise au point dans le rapport précédent qui est reprise dans le document destiné au corps médical joint en annexe (point 7). Cette mise au point est en accord avec la position du Conseil national de l’Ordre des médecins

1 Cette éventualité est fréquemment mentionnée lorsque l’inconscience a été obtenue par injection de thiopental

2 Avis du 22/03/2003 relatif aux soins palliatifs, à l’euthanasie et à d’autres décisions médicales concernant la fi n de vie : Bulletin vol. XI, juin 2003. »

 

La Commission note aussi  les remarques ajoutées par certains médecins

« Comme signalé dans le rapport précédent, on relève dans plusieurs déclarations la mention d’une mort calme en quelques minutes, d’une atmosphère sereine avec accompagnement par des proches pendant l’acte ainsi que de remerciements adressés au médecin, tant par le patient dans ses derniers instants que par les proches. »

 

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