Belgique : « Ni putes si soumises » Guide du respect ? RYL réagit et nous interpelle.

Publié le par cb

Voici quelques semaines, nous sollicitions votre avis à propos de la version belge du « Guide du Respect » éditée par le groupe « Ni putes ni soumises ». (circulaire n° 2102 du 14/11/2007).

Plusieurs d’entre vous nous ont partagé leur opinion à ce sujet, et nous ont confirmé dans l’analyse que nous en faisions pour ce qui est du chapitre sur la sexualité chez les jeunes.

 

Voici donc le résumé (à compléter encore) de quelques remarques qui nous semblent importantes,. Nos réflexions nous amènent à la conclusion qu’il est dangereux de mettre cet outil tel quel entre les mains des jeunes, et que le texte devrait en être fortement remanié si on ne veut pas que sa lecture soit suivie de plus d’effets pervers que de bénéfices pour les adolescents.

 

Ce résumé peut être consulté sur le site www.ryl.be, qui attend toutes vos réactions à ce sujet.

 

Le « Guide du Respect » : quelle vision de la sexualité ?

 

Nous ne saurions assez dire combien l’idée de mettre en avant la notion de RESPECT nous semble a-priori  un projet urgent et remarquable, et combien nous aimerions soutenir toute initiative en ce sens ! C’est donc avec enthousiasme que nous nous sommes plongés dans ce petit « Guide du respect » édité par le groupe « Ni putes ni soumises ».

 

Néanmoins, en ce qui concerne le chapitre concernant l’amour chez les jeunes, et après consultation de nombreux experts en ce domaine, qui ont tous confirmé notre avis, nous aimerions émettre une série de remarques sur ce texte.

 

1)      On y parle principalement de sexe, de désir, d’envie, de plaisir, de bien-être.

« Une seule règle : être à l’écoute de vos désirs et de vos envies dans le respect de l’autre ».

L’encouragement à suivre ses désirs y est omniprésente, sans encourager à les cana-

liser ou les passer au crible de la raison, sans évoquer le danger quand ils deviennent incontrôlables, mais en parlant surtout d’essayer de les satisfaire. On oublie  à quel point un être humain est composé, non seulement d’un cœur et d’un corps pleins de désirs et d’envies, mais aussi d’un esprit qui le distingue fondamentalement de l’animal et lui permet d’analyser le bien-fondé de ces pulsions. Dans cette plaquette, les notions d’approche de l’autre, de tendresse, de délicatesse ou d’amour sont malheureusement fort peu abordés.

 

L’unique respect de l’autre, c’est son consentement ! Est-ce suffisant ?

Attention donc que la logique prônée ne conduise pas à l’opposé du respect en encourageant un esclavage de la personne à ses pulsions !

 

On y affirme que « la sexualité est source d’amour » ; or, elle n’en est absolument pas la source, mais bien une des expressions.

 

2)   Le style est assez normatif ou revendicateur : « Il faut, tu dois, tu as le droit…. »

Cela ne contitue-t-il pas un encouragement dangereux aux revendications pas toujours raisonnables de l’adolescence ?      

 

« Ma virginité concerne-t-elle ma famille ? » « Tu as le droit de disposer librement de ton corps ». Cette façon d’exprimer les choses nous semble dangereuse, et ne peut qu’accentuer la tendance naturelle des adolescents à la révolte et à la contestation. Bien sûr, il est normal qu’à leur âge, ils aspirent à avoir un « jardin secret », mais n’y  a-t-il pas moyen de l’évoquer dans des termes plus sobres?

Parfois même, on bascule dans l’inexactitude et le manque de nuances : «L’avortement est un droit ». Or l’avortement n’est pas un droit en soi ; il est dépénalisé .

 

3)      Au sujet des premières relations sexuelles, on parle tout de suite de moyenne, en situant cette moyenne à 16 ans. D’où vient ce chiffre ? De très nombreuses études récentes parlent plutôt de 17.

Les exemples donnés d’une jeune-fille de 13 ans, ravie de son expérience précoce, ou d’autres qui  « l’ont fait » avec quelqu’un pour qui elles n’éprouvaient aucun sentiment, nous semblent dangereux à mettre en vitrine devant de jeunes adolescents . Ceux-ci risquent de les employer comme justificatifs de leurs comportements, sans se rendre compte des nombreux dangers à avoir des relations trop jeunes, ou, une fois encore, à déconnecter leur corps de leur cœur et de leur esprit.

« Je voulais le faire sans être amoureuse » p.9

« Je n’avais aucune attache et pourtant je l’ai fait. » p.11

4)      On évoque le « cunni », la sodomie, la fellation, en insistant sur leur aspect positif ou courant, au risque de la banalisation ou de l’incitation. Pourtant, notre propre expérience, confirmée par plusieurs personnes  ayant une longue pratique de terrain constate les réticences naturelles de la plupart des jeunes pour ces pratiques , même si leur curiosité naturelle les pousse à poser beaucoup de questions sur ce que leur dévoile largement la pornographie. Heureusement que le texte signale qu’on a le droit de refuser !

5)      Dans les conseils d’emploi de la contraception, ô combien importante à utiliser dans les comportements à risque, il n’est nulle part fait mention des échecs de cette contraception. Les jeunes se croient, une fois de plus, protégés à 100%  et pensent pouvoir multiplier impunément les expériences.

6)      Il est utile et bon de rappeler la loi dans ce domaine ! Cependant, le message n’est pas toujours très clair, surtout en ce qui concerne les 16/18 ans. Comment juxtaposer dans leur esprit l’insistance sur « chacun dispose librement de son corps » (p15) et le rappel de l’article 372 alinéa 1 du code pénal.

 

 

En résumé, s’il nous semble primordial de promouvoir la notion de respect chez les jeunes, nous aimerions que, dans le domaine de l’éducation affective et de l’amour, le message soit plus complet et plus nuancé, en le retravaillant avec des experts de ce domaine particulier, pour éviter que ce discours lui-même ne constitue paradoxalement un……non-respect de la jeunesse!

 

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