Don d'organes

Mardi 22 avril 2 22 /04 /Avr 15:38

Euro MPs have called for an EU-wide organ donor card to tackle the shortage of organs for transplant.

An estimated 40,000 people across Europe are waiting for a transplant and mortality rates while waiting for a heart, liver or lung are up to 30%.

MEPs voted overwhelmingly on Tuesday for the creation of a card and hotline that would operate across Europe.

British Liberal Democrat MEP Liz Lynne says the proposals "could significantly speed up... finding the right donor".

Because not all EU member states use a donor card system, she also believes it could improve the system.

"If we rolled it out across the EU, you would get more donors."

Ms Lynne also suggests the card could have a detrimental effect on the trade in illegally trafficked organs and on "transplant tourism" because there would be a legitimate way of improving access to donated organs.

 

DONOR PROPOSALS

European donor card

Transplant hotline with single telephone number

Ensuring all donation is voluntary and altruistic

No payment between recipient and donor 

The EU report says organ donations should be strictly non-commercial, to reduce the risks of organ trafficking.

British Labour MEP Glenis Willmott said the trade in organs had become a European problem.

"We should not view organ trafficking as a distant crime. Several poorer European nations have also become embroiled in the transplant trade," she said.

Presumed consent

EU countries have adopted a patchwork of organ donation systems.

Some countries such as the UK require donors to "opt in", others such as Belgium and Denmark "presume consent" and those who object can opt out.

England's chief medical officer has asked advisers to consider an opt-out system because of the chronic shortage of organs.

In Spain, the rate of donations has risen substantially partly because it presumes the consent of the donor but particularly because every hospital has a team of transplant co-ordinators.

Donation of organs by patients who are still alive has led to fears of an increase in organ trafficking and the EU report calls on member states to maintain strict legal provisions.

In the UK, a change in the law has enabled families seeking a transplant to join a register for "kidney-swaps" with people they have never met.

Previously, living donors could only give kidneys to a genetically or emotionally-related recipient.

Story from BBC NEWS:

http://news.bbc.co.uk/go/pr/fr/-/2/hi/europe/7358789.stm

Published: 2008/04/22 14:13:15 GMT

© BBC MMVIII

Par cb - Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Mardi 15 avril 2 15 /04 /Avr 15:32

A titre expérimental et "en toute discrétion", l'Agence de la biomédecine autorise, depuis le mois d'octobre 2006 et ce dans une dizaine de centres de transplantation, le prélèvement d'organes sur cœur arrêté. Cette technique consiste à prélever des organes sur des personnes en état d'arrêt cardiaque, après une réanimation de trente minutes et le constat de l'absence de reprise de battements du cœur durant cinq minutes au moins. Jusqu'alors, les prélèvements d'organes s'effectuaient sur des patients en état de mort encéphale.

Pratiquée aux Etats-Unis notamment, cette technique permet d'augmenter le nombre de donneurs potentiels et donc de pouvoir greffer davantage de demandeurs d'organes. Pour autant, cette initiative "sème le trouble" au sein du corps médical. Certains dénoncent la "course contre la montre" imposée par cette technique, le prélèvement devant être fait 120 minutes maximum après l'arrêt du cœur (contre un ou deux jours après une mort encéphalique avérée). Responsable du groupe de travail à l'espace éthique AP-HP, Marc Guerrier souligne la difficulté de parler de don d'organes à une famille quelques minutes seulement après le constat du décès et celle rencontrée par le personnel qui, d'un côté, fait tout pour réanimer le patient et, de l'autre, constitue un dossier pour un éventuel prélèvement.

Par ailleurs, les professionnels de la réanimation s'inquiètent eux des moyens mis en œuvre pour réanimer les patients. Pour Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association française des médecins urgentistes, "la méthode du prélèvement sur cœur arrêté est une bonne technique si l'on dispose de tous les outils pour réanimer la personne". Or, d'après lui, ce n'est pas le cas partout en France : "on en revient au problème de l'inégalité d'accès aux soins".   genethique.org

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Le Parisien.com (Alexandre Echkenazi) 15/04/08

Par cb - Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Mercredi 26 mars 3 26 /03 /Mars 15:59

Aux Etats-Unis, 98 000 personnes attendent une transplantation d’organes aujourd’hui. On constate devant cette nouvelle attente que les médecins à proposer très rapidement, aux familles d’un patient déclaré en état de "mort cérébrale", le prélèvement d’organes.

La précipitation et une certaine pression peuvent provoquer des situations dramatiques comme cette affaire dans l’Oklahoma qui a failli mal tourner. Zach Dunlap, 21 ans était déclaré en état de mort cérébrale suite à un grave accident de voiture. Les médecins avaient déjà annoncé la mort de Zach à ses parents. Mr et Mme Dunlap avaient accepté qu’on prélève des organes de leur fils. Heureusement, de légers signes de vie, au moment où les médecins lui ont enlevé ses tubes, lui ont sauvé la vie. Aujourd’hui Zach Dunlap raconte qu’il a entendu les médecins annoncer sa mort.  © genethique.org

 Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. BioEdge 26/03/08

 

Par cb - Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Mardi 25 mars 2 25 /03 /Mars 17:04

 

 

- Pr Jan Lerut, vous êtes responsable de la transplantation hépatique adulte à Saint-Luc. Pouvez-vous nous dresser un bilan de la transplantation en Belgique?

Depuis plusieurs années, le succès de la transplantation va en grandissant. Les résultats sont toujours plus convaincants (moins de rejets, durée de vie supérieure, ...). Parallèlement, l'écart se creuse de plus en plus entre les personnes en attente d'un ou de plusieurs organes, et les donneurs potentiels, d'autant que le nombre de patients considérés pour une transplantation est en constante augmentation.

Pourtant, la Belgique est l'un des pays européen où il y a le plus de donneurs (25 à 30 par million d'habitants). Depuis quelques années, les chiffres ont tendance à se stabiliser aux alentours de 250 donneurs par an en Belgique, et aux alentours de 1700 par an dans Eurotransplant, l'organisme reconnu par la loi, qui gère l'allocation des organes en Belgique, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Allemagne, Slovénie et Autriche (il existe aussi Francetransplant, Italotransplant, ...). Concrètement, cette association permet un échange raisonné d'organes entre les différents pays membres. Le don se fait en fonction de la compatibilité, du degré d'urgence dans lequel se trouve le receveur potentiel.

- Pouvez-vous nous rappeler dans quelles conditions une personne peut donner ses organes?

Il y a plusieurs possibilités. Jusqu'à présent, , les équipes de transplantation travaillent essentiellement avec des donneurs cadavériques ou "post-mortem": l'activité cérébrale s'étant arrêtée, la personne est déclarée morte. Ses organes fonctionnent encore correctement pour un court laps de temps (quelques jours habituellement), ce qui va permettre d'envisager la transplantation dans des conditions optimales.

Une autre procédure, qui est appliqué en Espagne, par exemple, est le prélèvement sur donneurs à coeur non-battant. Le donneur potentiel a subi un arrêt cardiaque pendant une dizaine de minutes, ce qui a provoqué des dégâts cérébraux irréversibles tels que la mort cérébrale peut être déclarée. Cette procédure est assez délicate, car si l'on attend trop longtemps les organes se détériorent: le prélèvement doit se faire dans les 30, 40 minutes après l'arrêt cardiaque, ce qui est souvent assez difficile du point de vue humain et organisationnel (l'équipe médicale doit annoncer le décès et en même temps parler à la famille de la possibilité d'utiliser les organes pour la transplantation).

Dans les deux cas, l'équipe médicale qui procède au prélèvement d'organes n'est pas celle qui tente de réanimer le patient, ni celle qui transplante. Tout est donc tenter pour sauver la personne. Ce n'est que lorsque la mort est constatée (ce qui ne peut se faire que sur base de critères médicaux stricts) que se pose la question d'un possible prélèvement d'organes.

Enfin, la dernière possibilité de donner ses organes est de le faire de son vivant. Ainsi, à Saint-Luc, la moitié des greffes hépatiques en pédiatrie sont réalisée avec un morceau de foie d'un parent ou de la proche famille. Mais ce qui est possible lorsqu'il s'agit de greffe pédiatrique est plus difficile dès lors que l'on parle de receveur adulte. En effet, s'il faut un petit morceau de foie pour un petit enfant, au plus le receveur est âgé et grand, au plus le morceau reçu doit être important, afin d'assurer une fonction métabolique suffisante. Cette possibilité est également fort employée dans la transplantation rénale. Les Etats-Unis ont, pour la première fois cette année, réalisé plus de greffes rénales à partir de donneurs vivants (toujours de proches parents et ce afin d'éviter les dérives commerciales) que de greffes "classiques". Il faut cependant souligner le fait que cette possibilité n'est pas sans risques pour le donneur, puisque, pour ce faire, il subit une opération chirurgicale lourde.

- Quelle serait la solution pour augmenter le nombre de donneurs?

Il faut continuer à sensibiliser le personnel médical et paramédical, afin de s'assurer que chaque donneur potentiel est repéré. De plus, il faut également continuer à améliorer l'approche des familles, afin de diminuer le taux de refus. En effet, 25% des familles refusent encore que l'on procède au prélèvement d'organes, ce qui est beaucoup trop. C'est surtout cet aspect qu'il faut travailler.

Je tiens à préciser que la décision des familles est toujours respectée, bien qu'officiellement, en Belgique, il existe une loi depuis les années 80 qui spécifie que, tant que vous n'avez pas marqué de votre vivant votre refus, vous êtes un donneur potentiel. L'équipe médicale ne procède cependant pas comme ça, ne serait-ce que parce que les prélèvements effectués (différents organes, mais également tissus, comme les tendons, ...) prennent beaucoup de temps, et que le défunt ne peut être présenté à la famille parfois avant plusieurs heures.

- La clé, c'est donc la sensibilisation?

L'information est primordiale. J'ai eu l'occasion, en tant que président de la Société Belge de Transplantation, de participer, il y a quelques années, à la réalisation d'enquêtes au niveau belge. 86% des jeunes de 18 ans interrogés, que ce soit en Wallonie ou en Flandre, se sont déclarés insuffisamment informés.

Suite à ces résultats, l'idée de proposer en dernière année secondaire une heure de cours officiel sur le don et la transplantation d'organes, a été lancée. Sensibiliser les adolescents au don d'organes, geste, au-delà de la mort, d'une très grande générosité, est primordial. 

C'est dans le cadre de cette réflexion que j'ai été amené à travailler sur un projet de cd-rom éducatif, dont les textes, adaptés au niveau de l'enseignement secondaire, ont été écrits en collaboration avec des enseignants, et traduits en 8 langues (français, néerlandais, anglais, allemand, italien, portugais, espagnol et turc). Vu le succès rencontré à la fois en Belgique et à l'étranger (la France, l'Angleterre, l'Espagne... se sont montrées intéressées par le projet), d'autres traductions sont en cours (russe, chinois, arabe et hébreu). Ce CD-rom a pu être réalisé avec le soutien important d'Euroliver Foundation. Cette fondation, présidée par Herman Tob, lui-même greffé hépatique depuis 11 ans, déploie énormément d'efforts pour promouvoir accompagnement psychologique, don d'organes et recherche en transplantation.

Nous avons déjà eu l'occasion de rencontrer plus de 1500 étudiants lors d'une séance à Tienen, où après la présentation du cd-rom, un débat avec des greffés a été organisé. Il semble que les résultats soient positifs: nous réussissons à intéresser les adolescents à notre cause. Le projet a également reçu récemment le prix Wernaers du Fondas National de la Recherche en Belgique, prix couronnant l'oeuvre qui a présenté au mieux un sujet médical au grand public.

- Pourquoi viser plus particulièrement le public adolescent?

Au vu des résultats des enquêtes menées, il est important de faire changer les mentalités. Or, les adolescents sont les décideurs de demain. Ils peuvent influencer leurs parents, grands-parents.

Mon idée est de faire accepter le don d'organes aux adolescents, qu'ils ne refusent pas d'être donneur et le fassent savoir, mais aussi que, le cas échéant, ils soient prêts à en discuter en famille, afin de faire comprendre à leur entourage familial que le don d'organe est un geste qui en vaut vraiment la peine. Il faut également leur donner la possibilité de trouver les mots nécessaires pour convaincre leur famille de l'importance de la transplantation et par conséquent du don.

- Parallèlement à ce projet, vous avez mis en place une campagne d'affichage, avec la participation de Gella Vandecaveye et d'Axel Merckx.

Gella Vandecaveye est sensible au don d'organe, plus particulièrement au don de tissu, pour en avoir elle-même bénéficié: elle a reçu une greffe de tendon, suite à une blessure au genou, et a ensuite gagné une médaille olympique. On le sait moins mais, aujourd'hui, outre les organes, tous les tissus sont susceptibles d'être greffés.

Gella nous permet de donner un exemple concret du bien-être que peut apporter une transplantation. De plus, au vu de ses victoires sportives, même après de lourdes épreuves (on se souvient de sa fracture cervicale), elle suscite une aura positive. Les gens l'admirent et sont sensibles au message qu'elle peut véhiculer.

Une diffusion d'affiches dans les 8.000 pharmacies belges est prévue pour les semaines à venir. Nous sommes également en train de mettre en place des cours "post-gradués" pour les enseignants du secondaire en biologie, un symposium réunissant plus de 300 enseignants sera organisé en septembre,... Il n'y a pas de secret: pour faire accepter la transplantation, et donc le don d'organes, il faut passer par une large médiatisation, aussi diversifiée que possible.

- Combien de personnes bénéficient d'une transplantation chaque année en Belgique?

Environ 180 greffes de foie sont réalisées par an sur notre territoire (70 sont réalisées aux Cliniques Saint-Luc), ainsi que 470 greffes de rein (100 aux Cliniques). Saint-Luc et les Cliniques universitaires de Mont-Godinne réalisent 12 greffes de poumons et de coeur par an, ainsi que des greffes de pancréas, de tissus (os, peau, cornée, ...).

A chaque fois, c'est un espoir pour des patients en attente depuis parfois très longtemps ou dans un état critique. Et pour la famille du donneur, le don reste un geste important, qui donne un sens à la mort.

Voir aussi le dossier spécial de l’Institut Européen de Bioéthique

www.ieb-eib.org

 

Par cb - Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 décembre 4 06 /12 /Déc 16:23

 Dossier téléchargeable sur  www.ieb-eib.org
Les cliniques universitaires Saint-Luc s'opposent devant la Cour constitutionnelle à une modification récente de la loi sur le prélèvement et la transplantation d'organes, qui restreint la reconnaissance comme receveur d'organe à des critères de nationalité ou de résidence. L'hôpital reproche à la loi, modifiée le 25 février dernier, de ne reconnaître en qualité de receveur dans un centre belge de transplantation que les personnes qui sont ressortissantes ou domiciliées depuis six mois en Belgique ou dans un état membre du réseau Eurotransplant (Benelux, Allemagne, Autriche, Slovénie et Croatie). Les cliniques Saint-Luc, spécialisées notamment dans les greffes hépatiques sur les enfants, jugent que cette loi va à l'encontre de l'obligation faite aux pouvoirs publics de prendre les mesures garantissant à chacun un accès équitable aux soins de santé et de l'obligation des médecins d'exercer leur activité qui est de sauver des vies. »  Paru dans   La Libre du 15/11/2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par cb - Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Jeudi 24 mai 4 24 /05 /Mai 12:13

Dans un texte publié sur le site Internet du diocèse de Batchka de l’Eglise orthodoxe serbe, Mgr Irénée (Bulovic), l’un des plus éminents théologiens serbes aborde la question de transplantation du point de vue orthodoxe. Nous vous proposons la traduction française de cette contribution.

« Les questions de bioéthique, notamment de l’éthique médicale, représentent une problématique relativement nouvelle, mais très importante dans la société contemporaine. Dans tout dialogue social et scientifique sur les défis de ce genre, il faut inévitablement écouter et prendre en compte les points de vue religieux – dans notre pays comme ailleurs en Europe, avant tout les points de vue chrétiens.

L’Église orthodoxe, l’Église catholique, ainsi que les Églises traditionnelles réformées partagent le point de vue sur la question de la transplantation des organes humains. La vision chrétienne est également partagée par le judaïsme et l’islam. Dans les considérations des thèmes comme la transplantation et autres revendications médicales connexes, pour tout croyant les points de départ sont la valeur irréprochable, la liberté et la dignité de la personne humaine et le caractère sacré de la vie comme du don inopposable de l’amour de Dieu. Cela signifie que la transplantation d’un organe d’un homme à un autre est non seulement admise, mais elle mérite toutes les louanges de point de vue de la morale chrétienne à conditions que :

- le donneur et le receveur agissent librement et volontairement ;

- le donneur soit inspiré exclusivement par amour de son prochain, pour qui le don d’organe représente l’aide sanitaire, et souvent même la survie ; par conséquence toute manipulation est inacceptable, tout comme la pression psychologique, le commerce des organes, exploitation de la misère humaine pour l’achat des organes des hommes sains, voire des enfants, clonage dans le but de produire et de stocker les organes de réserve et tout action similaire ;

- la transplantation ne mette pas en danger la vie du donneur, ni son état de santé, de sorte que le donneur ne soit pas lésé au point de devenir une nouvelle victime à son tour, à la place de celui qu’il a souhaité aider ;

- la transplantation ne modifie, ne diminue, ni ne menace pas l’identité biologique et spirituelle du receveur, c'est-à-dire son identité liée à l’appartenance à l’espèce humaine et à sa personnalité.

Il est possible aujourd’hui de transplanter le cœur. C’est, pour ainsi dire, le miracle de la science médicale qui sauve de nombreuses vies. Cependant, on ne peut pas accepter que « ta mort soit ma vie », vice-versa. Un homme ne peut donner son cœur, donner sa vie, en l’ôtant à soi-même. C’est pourquoi on ne prélève le cœur – ainsi que les autres organes vitaux - que ex cadavere, que sur un homme mort (cadavre). C’est là que fréquemment apparaît le dilemme : quel est le moment de la mort définitive du corps ?

La définition traditionnelle de la mort corporelle annonçait que c’est un état d’arrêt total et irréversible du cœur et de la respiration (mort cardio-respiratoire). La médecine d’aujourd’hui est plutôt d’avis pour définir cet état d’inactivité complète du cerveau ou de sa dégénérescence irréversible (mort cérébrale). Il faut rappeler qu’alors il n’y plus de plénitude de la vie humaine, mais que l’on puisse dans une certaine mesure enregistrer les traces d’activité biologique, les traces de la « vie corporelle ».  

Ici naît le dilemme éthique. Selon l’anthropologie chrétienne, biblique, la mort signifie la séparation de l’âme du corps. (cf. Ps. 145, 4 et Luc. 12,20). À en déduire que la vie, même suspendue à un fil, existe tant que l’organisme fonctionne. Mais, cela ne signifierait pas que l’assistance artificielle, mécanique, au fonctionnement de certains organes (le maintien en vie, ou plutôt la mort au ralenti assistée) représente une action particulièrement positive pour l’homme.

Une chose est certaine pour la conscience chrétienne : la mort définitive doit être constatée avant le prélèvement du cœur. Les théologiens orthodoxes et catholiques sont en principe unanimes sur ce point ; avec tout de même un nombre de théologiens catholiques qui estiment qu’il faut accepter l’opinion dominante médicale sur le moment de la mort, c'est-à-dire, qu’il faut adopter la thèse de la mort cérébrale comme mort définitive de l’organisme. Malgré tout, les théologiens orthodoxes et catholiques, dans l’immense majorité, exigent la plus grande prudence dans l’appréciation de la mort réelle.

L’homme, comme être biologique, dispose du droit à la vie digne de l’homme. Mais aussi il mérite la mort digne de l’homme – la fin de vie chrétienne, sans honte, calme, réconciliée avec Dieu, avec les autres et avec soi-même, et dans l’amour. C’est pourquoi on ne peut transplanter le cœur d’un défunt – s’il est réellement mort – si on ne dispose pas de preuve certaine de sa volonté. Si c’était réellement sa volonté, c’est une expression d’amour posthume, de la bonté posthume.  

Je finirai par citer mon ami médecin croyant, déjà évoqué : « La vie est sacrée, car outre le début de la vie terrestre, il y a sa fin, c'est-à-dire la fin biologique. Cette fin n’est pas une transformation vers le néant, car, si c’était le cas, alors ni la naissance, ni la vie même, n’auraient pas de valeur. La mort est aussi sacrée, car elle ne représente pas la fin, mais le début et la résurrection à la vraie vie. La vie a un sens profondément apophatique, et ce domaine n’appartient pas à la médecine ».

Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Mercredi 23 mai 3 23 /05 /Mai 11:47

Le Parisien constate que « depuis la disparition du chanteur Grégory Lemarchal, les demandes de cartes de donneurs d’organe explosent ». 

Le journal cite ainsi Marie-Claire Paulet, présidente de France Adot, l’Association pour le don d’organes et de tissus humains, qui déclare : « Nous avons enregistré plus de 33 000 demandes depuis le jour de son décès, le 30 avril. Nous n’avions jamais connu un tel phénomène. […] A titre de comparaison, pour toute l’année 2006, nous avions enregistré 54 130 demandes ».  

 

Marie-Claire Paulet ajoute que « c’est vraiment une chance pour les patients qui sont en attente d’une greffe, même s’il est malheureux de constater qu’il faut la disparition d’une personne célèbre pour faire bouger les choses ». 

Le Parisien rappelle que le chanteur savoyard de 23 ans, « qui souffrait de la mucoviscidose, a espéré, jusqu’au bout, une double transplantation pulmonaire qui aurait pu le sauver. En vain ». 

Le quotidien note que « l’émotion suscitée par cette disparition a provoqué une véritable prise de conscience, surtout chez les jeunes fans du chanteur ». Revue de Presse Mediscoop du mercredi 23 mai 2007 

Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 avril 4 12 /04 /Avr 17:34

Un homme dont la famille avait donné son accord pour que ses organes soient prélevés après son décès a été déclaré par erreur cérébralement mort  par deux médecins.

Agé de 47 ans, John Foster avait été admis à l’hôpital de Fresno en Californie pour une hémorragie interne. Il y est mort 11 jours plus tard, date limite après laquelle ses organes n’auraient plus été viables et n’auraient pas pu être transplantés.

Après qu’elle ait accepté de donner les organes de son père, Mélanie Sanchez, était appelée « au moins une fois par jour » par le groupe d’organes lui demandant : « nous devons prélever les parties du corps dans un certain temps. Votre père peut sauver une vie. Comment va-t-il aujourd’hui ? Va-t-il mieux ou moins bien ? ». Pour elle, c’était comme des « vautours » tournant autour de quelqu’un en attendant qu’il meurt.

Dans l’après-midi du 21 février, un premier médecin le déclara cérébralement mort. Quelques heures plus tard, un second médecin confirma ce verdict. Dès lors, Foster était légalement mort sous le coup de la loi californienne. Le second médecin paraissait pressé, Mélanie Sanchez l’a rappelé mais celui-ci a déclaré : « on a deux signatures, c’est le règlement de l’hôpital ».

Mélanie Sanchez a donc demandé un troisième examen. Pour ce troisième médecin, Foster n’était pas mort cérébralement. Par ailleurs, une infirmière a notamment constaté qu’il remuait la tête ce qui est incompatible avec une mort cérébrale…

Ce cas n’est pas sans rappeler celui d’un patient âgé de 26 ans dont on avait essayé de précipiter la mort.

Actuellement, il n’existe pas de critères nationaux aux Etats-Unis pour déclarer une mort cérébrale.  Latimes.com (Charles Ornstein - Tracy Weber) 12/04/07

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction. www.genethique.org

 

 

 

 

Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 mars 5 09 /03 /Mars 16:27

Les législateurs étudient une façon de combler le manque d’organes utilisables pour une transplantation. Certains ont proposé que les prisonniers puissent voir leur peine réduite s’ils donnaient un de leurs organes. Par exemple, une réduction de peine de 180 jours pour un rein,… « Il y a tellement de personnes qui meurent chaque année car elles n’ont pas reçu un rein. Nous croyons pouvoir motiver les prisonniers de poser ce geste qui sauverait une vie et leur rendrait la liberté plus tôt. » affirme le Sénateur Ralph Anderson. Columbus Dispatch 20070309

 

Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Dimanche 4 mars 7 04 /03 /Mars 17:06

Le Journal of Medical Ethics du mois d'avril consacre un article au trafic d'organes. D'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 10% des reins transplantés seraient issus de ce trafic. Environ 66 000 reins ont été transplantés en 2005. 6 000 receveurs ou donneurs se sont rendus à l'étranger pour échapper à la loi de leur pays.

Les biologistes parlent d'"apartheid médical" pour définir le commerce de ces organes entre les pays en voie de développement et les pays riches.

Lors d'une conférence à l'OMS, un médecin pakistanais, le Docteur Farhat Moazam a expliqué que dans certains villages de son pays, 40 à 50% de la population n'avait qu'un seul rein. Il a souligné que les donneurs recevaient très peu pour ce genre d'opération, environ 1.250 $, au lieu des 2.500 $ promis.

Quant aux receveurs, ils paient entre 12.000 $ et 20.000$ pour un rein.

BioEdge 04/03/ 07

www.genethique.org

 

Chaque article présenté dans Gènéthique est une synthèse des articles de bioéthique parus dans la presse et dont les sources sont indiquées dans l'encadré noir. Les opinions exprimées ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Don d'organes
Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus