Communiqué de presse du Centre d'action laïc.Position prise par l’Ordre des pharmaciens

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Communiqué de presse du Centre d'action laïc.

Position prise par l’Ordre des pharmaciens :
La clause de conscience n’est pas absolue

 

Choqué par les déclarations médiatiques d’un pharmacien de Ruisbroek, le Conseil Central des Communautés philosophiques non confessionnelles de Belgique est intervenu auprès du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Pour rappel, un pharmacien s’était exprimé dans les médias avouant faire valoir sa clause de conscience pour refuser- au nom de la loi supérieure religieuse (catholique)- de délivrer ce qu’il considère comme des médicaments « immoraux » tels que des moyens contraceptifs, des produits utilisés pour pratiquer l’euthanasie ou encore la pilule du lendemain. Il déclarait en informer sa clientèle en apposant une affichette à son comptoir. Ce pharmacien relayait évidemment la position rappelée récemment par le pape Benoît XVI à l’occasion d’un congrès international des pharmaciens catholiques sur le droit à l’objection de conscience des pharmaciens.

Le Conseil Central Laïque (CCL) a écrit à l’Ordre des pharmaciens pour souligner que le droit à l’objection de conscience prévu par le Code déontologique pharmaceutique n’est pas un droit absolu qui supplanterait tous les autres droits. La continuité des soins et les droits des patients doivent également être assurés comme le prévoit d’ailleurs ce même Code déontologique. Les pratiques que le CCL dénonce avec fermeté sont loin d’être anodines. Elles représentent un réel danger de dérive susceptible de mettre en péril les fondements même de notre démocratie attachée à la pluralité de conceptions et au principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

L’Ordre des pharmaciens a réagi rapidement et confirmé cette interprétation des règles déontologiques en indiquant qu’un pharmacien confronté à un problème de conscience se devait de rediriger le patient vers un confrère qui se chargera de la délivrance du médicament. Par ailleurs, lors de périodes de garde, la conviction personnelle du pharmacien devra céder le pas au droit du patient à la continuité des soins. En d’autres termes, le pharmacien concerné se verra tout de même obligé de procéder à la délivrance du médicament.

Le droit à l’objection de conscience d’un pharmacien ne pourra donc plus mettre à mal les droits fondamentaux des patients.

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Publié dans Clause de conscience

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