Chantal Sébire est atteinte d’une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale : encore une fois l’ADMD exploite la souffrance !
Chantal Sébire est atteinte d’une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. La maladie déforme son visage et elle ne supporte plus ni la douleur, ni la dégradation physique. Il y a quelques jours, elle demandait que ses enfants puissent l’aider à mourir le moment venu. Aujourd’hui, elle demande par l’intermédiaire de son avocat, le droit de se faire prescrire par un médecin volontaire un produit qui lui permettra d’accomplir ce que certains voudraient appeler un suicide assisté.
L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) tente ainsi de réaliser une nouvelle opération de communication en profitant honteusement des souffrances de Chantal Sébire. Elle essaye de faire oublier ce qui tend à devenir le scandale Vincent Humbert.
L’avocat de Chantal Sébire prétend qu’aux termes de la loi Léonetti du 22 avril 2005, sa cliente n’aurait qu’une seule possibilité : « Demander la sédation terminale, c’est-à-dire d’être plongée dans un coma artificiel sans nourriture ni eau, jusqu’à la mort » ce qu’elle refuse, lui fait-on dire, « pour elle et ses enfants, car elle juge cette agonie indigne ». Si l’ambiguïté de la loi en matière d’alimentation et d’hydratation ne peut être niée, il reste que l’affirmation d’un droit à la mort et la demande d’aide médicale au suicide sont totalement infondées au plan juridique et dangereux pour la société.
Il n’existe aucun droit à la mort et il ne peut en exister. Même la Cour européenne des droits de l'homme a clairement jugé, dans son arrêt Pretty c/ Royaume Uni du 29 avril 2002, qu’il n’existait ni droit à la mort ni liberté de recevoir la mort d’autrui. De même, le Comité consultatif national d’éthique a considéré dans son avis n° 26 qu’admettre l’euthanasie traduirait une définition de l'homme nécessairement restrictive, la dignité de l'homme se mesurant uniquement à son degré d'autonomie et de conscience. Or, la dignité de l'homme tient à son humanité même. Rien ne saurait ôter cette dignité à la personne humaine ; pas même sa volonté.
Le véritable droit de mourir dans la dignité est affirmé à l’article L. 1110-9 du Code de la santé publique qui reconnaît à chaque malade le droit d’accéder à des soins palliatifs. Il s’agit d’une conséquence du principe de dignité de la personne humaine.
L’aide au suicide n’est pas admissible. La requête formulée au nom de Chantal Sébire heurte violemment le fondement même de la déontologie médicale. Le médecin doit accompagner son patient jusqu’à ses derniers moments et assurer par des soins appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage. Il n’a pas le droit de provoquer délibérément la mort. Aucune décision de justice ne peut autoriser un médecin à prescrire à son patient un produit dont l’injection sera mortelle. Pas davantage, un médecin ou un proche, ni aucune personne ne pourra assister à la mise en œuvre de l’opération sans risquer des poursuites pour non assistance à personne en danger.
Une telle requête relève, en définitive, de la perversion juridique et intellectuelle mais aussi d’une grande incompréhension des besoins réels de notre pays. Le FRS renouvelle son vœu de voir les soins palliatifs se développer rapidement afin que le seul vrai droit de mourir dans la dignité soit effectivement respecté conformément à la volonté du législateur et du peuple français. La souffrance de Chantal Sébire ne peut servir d’exposé des motifs à un nouveau texte de loi. La compassion et le respect qu’impose sa maladie ne peuvent en aucun cas fonder une demande de loi mais uniquement stimuler la volonté politique de soulager sa souffrance dans le cadre de soins palliatifs adaptés à sa situation et respectueuse de son humanité.
Marie de Nicolay - Présidente de la Plate forme Vie du FRS.