Belgique : fonds éthiques : aussi pour les embryons ? Comment investissez-vous votre argent ?
Les fonds verts sont-ils vraiment verts ?
Quand on analyse en profondeur la façon dont les actifs sont gérés, on constate qu'il existe bien des nuances dans la façon dont les banques appréhendent le caractère "vert" des fonds.
En règle générale, ces fonds appliquent d'abord des critères d'exclusion appelés critères négatifs. Par exemple, le nucléaire est, en général avec quelques exceptions, exclu de ces fonds. En marge de ces critères d'exclusion, les analystes appliquent également des critères positifs de respect de l'environnement et de responsabilité sociétale selon le critère de "Best in class".
Ceux qui recherchent des fonds respectueux de la nature peuvent se poser la question de savoir jusqu'où vont les critères d'exclusion. Ainsi, les sociétés pratiquant la vivisection des animaux sont-elles admises dans ces fonds ? En général, la vivisection n'est, a priori, pas exclue d'emblée. Certaines nuances sont cependant apportées, comme dans la sicav Altervision de Fortis et chez KBC où elle est acceptée uniquement si elle poursuit un but médical mais est rejetée pour la recherche sur cosmétiques, par exemple. Les sociétés qui pratiquent des tests qui n'ont pas de conséquences dommageables sur l'animal sont également acceptées.
Questions éthiques sensibles
Chez Dexia, "l'expérimentation sur des animaux est prise en compte dans l'analyse RSE (responsabilité sociétale des entreprises, ndlr) de Dexia Asset Management", nous explique-t-on. "Tout d'abord, nous déterminons si cette pratique relève d'une obligation légale ou non. Ensuite, nous évaluons les politiques des sociétés en la matière et notamment l'application du principe des trois R : "Reduction", ce qui consiste à réduire le nombre d'animaux utilisés, "Refinement", ce qui conduit à minimiser l'impact de l'expérimentation sur les animaux, et "Replacement", ce qui implique de développer des méthodes de recherche alternatives."
Il n'y a pas que l'aspect écologique de la gestion qui peut varier d'un fonds à l'autre. La façon d'appréhender les problèmes éthiques dépend de l'institution concernée.
Par exemple, les titres de sociétés pratiquant la recherche sur cellules souches embryonnaires sont acceptés dans les fonds durables chez Fortis sauf dans le fonds Altervision où cette recherche est "considérée comme un critère négatif". Chez KBC, la réponse est plus pragmatique : "La recherche sur embryons ne forme pas un critère d'exclusion car en ce moment, il n'y a pas d'entreprises cotées qui sont actives dans ce domaine. Mais si une entreprise cotée se lançait dans ce genre d'activité, KBC soumettrait la décision avant tout à son conseil consultatif externe pour voir si sa politique s'inscrit toujours dans nos critères ou si éventuellement nos critères doivent être affinés." Chez Dexia, cette thématique est prise en compte de façon plutôt "light" : les analystes vérifient qu'une société impliquée dans ce type de recherche respecte au minimum les lois en vigueur ainsi que le principe de précaution en établissant un comité de bioéthique. Dexia ajoute que, pour les clients institutionnels, elle offre également un service sur-mesure tenant compte de critères spécifiques. www.lalibre.be 20070507 article d’Isabelle de Laminne.