USA : démographie : reproduction interdite
« Plus les humains se multiplient, plus ils font subir de dommages à cette bonne vieille Terre. Pour y remédier, un mouvement écologiste radical propose purement et simplement que l'humanité cesse de se reproduire, explique The Independent.
Fermez les yeux et imaginez-vous en l'an 3000. Pour la première fois depuis les dinosaures, de grands animaux font la loi sur terre. Sur les ruines de son ancienne civilisation, une misérable espèce appelée humanité est isolée et proche de l'extinction. Pour un petit groupe de fervents écologistes, ce tableau apocalyptique marquerait l'issue triomphale d'une longue bataille pour sauver la planète.
Le Voluntary Human Extinction MovemenT [VHEMT (prononcez comme l'anglais "vehement" – véhément), Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité] est une organisation informelle qui fait campagne depuis dix ans pour la suppression progressive de toute l'humanité. Ses partisans sont fédérés sous le slogan "Puissions-nous vivre longtemps et disparaître" et proposent de régler le problème de la surpopulation d'une façon radicale. L'humanité, disent-ils, est une force de destruction à l'origine de chacun des problèmes écologiques dont souffre aujourd'hui la planète : elle doit donc se faire biologiquement hara-kiri. Tel est leur raisonnement : toute activité humaine, de l'agriculture à l'urbanisation, en passant par l'usage d'un robinet ou d'un interrupteur, est néfaste à la biosphère.
Par conséquent, seule l'extinction peut réduire à néant les dégâts causés par l'humanité à la planète. Les partisans du VHEMT abjurent donc la procréation et incitent leurs amis et leurs proches à en faire autant. "Chaque fois qu'un être humain décide de ne pas ajouter un nouvel être humain aux milliards grouillants qui occupent déjà cette planète dévastée, c'est une nouvelle lumière d'espoir qui jaillit des ténèbres", soutient le riant manifeste du VHEMT. "Quand chaque être humain aura choisi de cesser de procréer, la biosphère terrestre pourra enfin retrouver sa splendeur passée, et toutes les créatures survivantes seront libres de vivre, de mourir, d'évoluer, mais aussi, au bout du compte, de s'éteindre, comme c'est déjà arrivé tant de fois." La tête pensante du mouvement, un enseignant qui vit dans l'Oregon, s'appelle Les U. Knight. Engagé dans le lobby écologiste depuis son retour du Vietnam, au début des années 1970, il rejoint une organisation appelée Zero Population Growth [zéro croissance démographique].
Plus tard, alors qu'il a environ 25 ans, il décide de subir une vasectomie. Mais, rapidement, Les U. Knight se rend compte que la seule stabilisation démographique ne peut résoudre ce qu'il juge être une crise imminente. La seule solution, décrète-t-il, est que "nous nous fassions totalement disparaître". Les U. Knight fonde le VHEMT en 1991, qui revendique aujourd'hui plusieurs milliers d'abonnés à sa liste de diffusion : tous reçoivent une newsletter trimestrielle intitulée "These Exit Times" [La voix véhémente du Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité], où s'échangent des idées sur des thèmes telles que la stérilisation de masse ou la contraception obligatoire. "Chaque jour, nous sommes 200 000 de plus dans le monde, c'est-à-dire davantage que l'ensemble de la population existante de grands singes", expose le fondateur du VHEMT. "C'est extraordinaire, et ça n'est pas viable. Nous sommes un envahisseur exotique, et aucun écosystème ne tolère qu'un envahisseur exotique débarque." Dans l'idée du VHEMT, chaque fois que quelqu'un, au Royaume-Uni, décide de ne pas engendrer de nouvel être humain, il préserve 5,6 hectares de sol agricole pour la durée d'une vie humaine. Aux Etats-Unis, pays très gourmand en pétrole, c'est davantage encore. Toute une foule de gens intelligents ne manqueront pas de pointer les failles de ce raisonnement "extinctionniste", en soulignant par exemple que les progrès scientifiques nous ont toujours permis (et nous permettront sans doute toujours) de survivre en exploitant moins de ressources naturelles.
D'autres affirmeront que la campagne du VHEMT est vouée à l'échec pour la simple raison que la reproduction est notre instinct le plus fort. Mais Les U. Knight n'est pas d'accord. "L'homme n'a pas pour instinct de se reproduire, mais d'avoir des rapports sexuels, estime-t-il. Le conditionnement culturel nous incite à croire que nous voulons transmettre nos gènes à la génération suivante. Mais en fait, tout ce que nous voulons, c'est faire l'amour." Reste à Les U. Knight et à ses adeptes à convaincre quelque 6 milliards de sceptiques.
La population mondiale enregistre en moyenne 365 000 naissances et 155 000 décès quotidiens. Hier, lundi 23 avril, elle s'établissait (à 6 h 27 min 19 s) à 6 610 204 034 individus, selon le site PopulationMondiale.com. On estime (source Wikipédia) que la population de la planète se situait entre 1 et 10 millions en - 10000 ; en l'an 1, entre 170 et 400 millions ; en 1000, entre 254 et 345 millions. En 1800, le cap du milliard était passé. En 2000, celui des 6 milliards ; en 2050, les humains pourraient être 9 milliards. Et plus de 36 milliards en 2300, selon certaines projections. » 24 avril 2007 (Courrier International - Guy Adams)