Amnesty, l'avortement , le Vatican et les propos de l'euro-députée socialiste belge Véronique De Keyser...

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Le Conseil pontifical Justice et Paix retire son soutien à Amnesty International. L'ONG est accusée d'avoir rejoint le camp des pro-avortement. Une députée européenne socialiste belge accuse le Vatican d'être anti-femmes. 

Ce n'est certes pas (encore) un document romain dûment estampillé mais l'avertissement est sérieux : après une interview de son président le cardinal Renato Martino au site américain National Catholic Register, le conseil pontifical Justice et Paix a annoncé que le Saint-Siège suspendrait tout soutien financier à Amnesty International (AI) pour "sa volte-face pro-avortement".  

En cause ? "Une récente décision d'AI de promouvoir l'accès à l'avortement pour les femmes victimes de viol ou dont la santé est mise en danger par une grossesse".

A l'en croire, cela le chagrine mais en même temps, il lui semble extrêmement grave de voir "une organisation méritante comme Amnesty se plie aux pressions des lobbies pro-avortement qui continuent leur propagande dans le cadre de ce que Jean-Paul II appelait la culture de mort". Et d'ajouter que "grâce à Dieu, il n'existe pas un droit à l'avortement internationalement reconnu". 

Ce n'est pas la première fois que l'organisation fondée en 1961 par Peter Benenson se retrouve dans le collimateur catholique. Mais jusqu'ici, les critiques ne venaient que de mouvements traditionalistes et conservateurs proches des pro-life.

Le caractère confidentiel de ces derniers n'avait pas fait de vagues mais cette fois Amnesty International n'est évidemment pas resté sans réaction face à cette prise de position venue d'en haut. D'abord pour rappeler qu'elle n'a jamais... reçu de fonds de l'Eglise catholique mais aussi pour préciser son point de vue. 

Pour Kate Gilmore, la secrétaire-générale adjointe de l'ONG, Nobel de la Paix en 1977, Amnesty ne s'est rangé à son nouveau point de vue que parce qu'on assiste à "une véritable pandémie de violences contre les femmes". De fait "si elle est enceinte à la suite d'un viol, la femme de vrait avoir la possibilité de choisir de poursuivre ou non cette grossesse." 

Contre l'avortement forcé 

Précision importante aussi : Amnesty n'approuve ni ne réprouve l'avortement. En fait, l'organisation entend surtout "défendre la possibilité pour les femmes d'avorter en respectant un délai maximum raisonnable lorsque leur santé ou leurs droits humains sont en danger". A noter aussi qu'AI s'oppose depuis longtemps à l'avortement forcé.   

On soulignera que ce n'est pas la première fois que le cardinal Martino menace de couper les vivres à une association internationale.

En 1996, alors qu'il était représentant permanent du Saint-Siège auprès de l'Onu, il avait fait supprimer l'aide du Vatican à l'Unicef parce que ce dernier diffusait dans les camps de réfugiés une information sur un spermicide post-coïtal à destination des jeunes femmes ou adolescentes violées.

Le débat prend aussi une tournure politique : la députée européenne PS, Véronique De Keyser déplore que "le Vatican est de plus en plus en décrochage avec le quotidien des femmes". Ce qui l'amène à conclure, sans nuances que "c'est le retour de l'obscurantisme et de l'Inquisition"...www.lalibre.be 20070619

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Avortement - Monde

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