Belgique : des banques privées pour les cellules souches adultes du cordon ombilical Souffrant d'une immunodéficience congénitale sévère, un petit Portugais vient d'être traité avec succès via des ce

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Si la transplantation a été effectuée par une équipe de l'Institut portugais d'oncologie de Porto, le sang de cordon utilisé provenait de la banque de cellules souches privée européenne Cryo-Save, dont le siège est situé à Malines. Les cellules souches avaient été récoltées dans le sang de cordon du frère du petit patient pour des raisons de compatibilité et de disponibilité, les risques de rejet suite à une greffe n'étant pas nuls. Dans le cas présent donc, le sang de cordon a été prélevé, traité, contrôlé, stocké et congelé par une banque de sang de cordon privée. En l'occurrence Cryo-Save, une banque qui compte actuellement plus de 55 000 échantillons, ce qui en fait la première banque privée de cellules souches de sang de cordon en Europe.

 Contrairement à une banque publique où il est question de don de sang, le principe de cette banque privée, présente dans 36 pays, consiste à congeler du sang de cordon, à la demande des parents, pour un usage futur destiné à l'enfant ou à des membres de sa famille. 
Cette procédure a donc un coût : Pour la réception du kit de documents, il en coûtera 125 euros, auxquels s'ajouteront 1250 euros une fois le stockage réussi. Ce forfait couvrira les frais de congélation pendant 20 ans, période après laquelle il s'agira de verser 755 euros si l'on veut poursuivre la congélation pour deux nouvelles décennies. Ces tarifs - parmi les plus bas du monde, selon Marc Waeterschoot, PDG du groupe Cryo-Save -, correspondent à une somme de 7 euros par mois pour conserver des cellules souches de sang de cordon. 
Et déjà donneur de sang... de cordon 
Riche en cellules souches, le sang de cordon est facilement disponible. 
Il ouvre des perspectives thérapeutiques extraordinaires. 
Alors, concrètement, comment s'y prendre pour faire ce don de vie ?  Gratuit, mais ô combien riche, le sang de cordon ombilical est on ne peut plus précieux. " Si au départ, le contenu récolté par cordon n'excède guère un demi-verre , explique le Dr Nicolas Forraz, chercheur à l'université de Newcastle en Grande-Bretagne, il permet d'obtenir quelque 500 000 cellules souches qu'il y a moyen de multiplier in vitro par 168 ." 

 

Alors que les greffes de sang de cordon ont fait leurs preuves depuis la fin des années 80 dans plusieurs domaines (leucémies, drépanocytoses, maladie de Krabbe, certains traumatismes cérébraux et certaines déficiences du système immunitaire), les cellules souches de sang de cordon offrent de nouvelles promesses en matière de médecine régénérative. Laquelle est basée sur le remplacement de cellules lésées par des cellules saines provenant de cellules souches, prélevées dans la moelle osseuse ou dans le sang de cordon. " Les cellules souches sont des cellules non spécialisées, c'est-à-dire indifférenciées, capables de se multiplier à l'identique , explique Isabelle de Laminne, auteur d'un intéressant dossier de l'Institut européen de Bioéthique consacré au sujet(1), elles peuvent aussi se transformer en un ou plusieurs types cellulaires spécialisés dans l'organisme : cellules du foie, de la peau... Les cellules souches ont une grande capacité de multiplication et leur différenciation est à la base des cellules différenciées d'un organisme : cellules nerveuses, musculaires, hématopoïétiques (sanguines)... " Étant donné l'extraordinaire potentiel que représente le sang de cordon pour de nombreux patients, qu'ils soient membres de la famille du donneur ou non, des banques publiques de sang de cordon ont été constituées en Belgique. Du côté francophone, trois centres regroupent des banques de cordon au CHU de Liège, à l'Institut Bordet et aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Afin de permettre le prélèvement du sang de cordon, des formulaires de consentement peuvent ainsi être remplis par les mamans qui vont accoucher, auprès des gynécologues qui pratiquent dans les centres agréés. Toutes les maternités du pays ne sont, en effet, pas en mesure de proposer cette opportunité. 

 

Le parcours du précieux don

Comment cela se passe-t-il ? Totalement indolore, le prélèvement s'effectue immédiatement après la naissance du nouveau-né, une fois que le cordon est coupé. Il ne porte préjudice ni à la mère ni à l'enfant. Autre petit détail précisé sur le formulaire de consentement : aucun frais n'est à charge du donneur. Quant à la greffe, elle est remboursée par la sécurité sociale. Une fois prélevé, le sang sera transporté dans des conditions d'hygiène appropriées pour être analysé, nettoyé et congelé à - 196° afin de pouvoir être stocké. Pendant ces étapes successives, le sang n'aura fait l'objet d'aucune manipulation au niveau des cellules. Tous les sangs de cordon ne peuvent cependant pas être stockés. Il arrive que la quantité récoltée ne soit pas suffisante ou que la qualité ne réponde pas aux critères particulièrement stricts qui ont été fixés. " On peut dire qu'en moyenne, 40 pc des échantillons de sang de cordon qui nous parviennent font l'objet d'une congélation , explique le D r Dominique Latinne, chef de service Biologie hématologique et directeur du laboratoire de la banque de sang de cordon aux Cliniques universitaires Saint-Luc, dans le dossier de l'Institut européen de bioéthique, si le sang analysé ne correspond pas aux critères de congélation, il servira à la recherche ." 
Donner deux fois la vie

Lorsque des critères entre le receveur et le donneur ont été établis, le sang est injecté soit par perfusion soit directement dans l'organe lésé. En général, il faut compter trois mois pour trouver des cellules souches compatibles et organiser une greffe pour un patient. Pour pouvoir donner le sang de cordon, la mère doit être en bonne santé et ne pas présenter d'antécédents de maladies graves dans la famille. Elle devra en outre faire une prise de sang de contrôle quatre mois après l'accouchement afin de s'assurer qu'elle n'a développé aucune maladie. Un certificat de bonne santé de l'enfant devra être fourni.  

 

" Par ce don, une mère peut donner deux fois la vie ", conclut le Pr Bénédicte Brichard, de l'UCL. www.lalibre.be 20070724 (1) www.ieb-eib.og 

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Publié dans CS cordon ombilical

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