Belgique: première mondiale à l'hôpital Erasme : faut-il vraiment s’en réjouir ?

Publié le par cb

et article paru dans La Libre pose question. Nous avons souligné en « gras » le pourquoi de notre interrogation éthique : il y a eu FIV et DPI, avec sélection d’embryons.
Le désir d’enfant est-il la seule norme ? Qu’offre la médecine à cet enfant qui naîtra ?

« Une petite fille est née en bonne santé à l'hôpital Erasme, à Bruxelles. Sa maman est pourtant porteuse du VIH et ses deux parents de la drépanocytose.

Evénements heureux, dans la plupart des cas, certaines naissances semblent encore plus extraordinaires que d'autres, parce qu'elles tiennent en grande partie de la prouesse médicale. Celle qui va être annoncée, ce samedi, dans le cadre du congrès des gynécologues francophones qui se tient à Liège pourrait être de celles-là.

Il y a quelques semaines est, en effet, née "en bonne santé", précise-t-on, une petite fille, à l'hôpital Erasme.

Le contexte particulier de cette naissance fait que, comme 30 millions de personnes en Afrique, non seulement sa maman est porteuse du VIH, mais, en outre, ses deux parents sont porteurs sains de la drépanocytose, une maladie génétique qui est une mutation de l'hémoglobine. Il s'agit d'une maladie récessive, ce qui signifie que beaucoup de personnes sont porteuses du gène mais ne développent pas la maladie. Pas plus d'ailleurs que leurs enfants sauf si les deux parents sont porteurs. Dans ce cas, une fois sur quatre, il y a transmission.

Pour la première fois au monde, à la connaissance du Pr Yvon Englert, chef du service gynécologie-obstétrique, " nous avons combiné une fécondation in vitro, car la patiente présentait une stérilité de très longue durée (10 ans), avec un diagnostic préimplantatoire pour éviter de transférer un embryon malade, chez une patiente porteuse du VIH ". S'il ne s'agit pas du premier diagnostic préimplantatoire pour la drépanocytose, une naissance dans ce contexte particulier serait une première mondiale et le symbole que l'on peut à présent offrir à des parents dans une situation délicate la possibilité d'avoir un enfant sans discrimination et tout en assurant la sécurité de tous, grâce à un laboratoire "sécurité virale".

Depuis 1999, existe à l'hôpital Erasme un programme de procréation médicalement assistée (PMA) - soutenu par le Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) - de patients porteurs de maladies virales, dont des femmes porteuses du VIH.

"L'évolution des connaissances sur le sida a considérablement modifié l'espérance de vie et la qualité de vie de ces patients , nous explique le P r Englert, d'une maladie mortelle à relativement court terme, le sida est devenu une maladie chronique à long terme avec une qualité de vie très bonne sous réserve de la contrainte des médicaments et avec une espérance de vie semblable à celle d'autres maladies chroniques. Or, dans ces populations bien souvent jeunes, le désir d'enfant apparaît comme un élément central de cette qualité de vie. Peut-être même davantage que chez d'autres personnes. Car, si se reproduire, avoir des enfants, c'est transcender la mort pour nous tous, pour quelqu'un qui est porteur d'une maladie potentiellement mortelle ou encore vécue comme telle, c'est peut-être plus vrai que pour n'importe qui ." »© La Libre Belgique 2008  Mis en ligne le 29/02/2008

 

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