UK / Belgique : Ecarter les embryons prédisposés au cancer du sein ou de l'ovaire ?
Ainsi, en Grande-Bretagne, la Haute autorité en fertilisation et embryologie humaines vient-elle d'autoriser le recours au DPI pour sélectionner les embryons qui ne présentent pas de prédisposition au cancer du sein et de l'ovaire. " Le DPI pourra désormais être mis en oeuvre sur la base d'un risque estimé à moins de 100 pc, a déclaré le D r Paul Ser-hal, de l'University College Hospital de Londres. Dans le cas d'antécédents familiaux, le risque de survenue d'un cancer du sein est estimé entre 60 et 80 pc et 40 pc pour le cancer ovarien ."
Jusqu'ici essentiellement réservé aux embryons de parents porteurs d'une affection génétique ou chromosomique sévère, le DPI pourra donc dorénavant être utilisé outre-Manche pour les patientes susceptibles de transmettre un gène prédisposant au cancer du sein ou de l'ovaire.
Faute de réglementation européenne globale sur le DPI, l'autorisation pratique est de la responsabilité de chaque Etat. En Belgique, en l'absence de loi spécifique, le DPI est autorisé. " Ils peuvent se faire dans les centres de génétique agréés, qui décideront de réaliser le DPI en fonction de la maladie , nous explique le P r Paul Devroey, directeur du Centre de médecine reproductive à l'AZ-VUB et vice-président du Comité consultatif de bioéthique. Il n'existe, en effet, pas de liste précise reprenant les maladies génétiques susceptibles de recours au DPI. S'il existe un cadre précis dans lequel se déroule le DPI sur notre territoire, il faut reconnaître que les indications précises ne sont pas énumérées. Les maladies les plus courantes restent la thalassémie, les maladies génétiques musculaires, la mucoviscidose, les maladies orphelines... Cela dit, pour qu'un DPI puisse se faire, il faut, par exemple, que le Centre de génétique et le Centre de fécondation in vitro se trouvent dans la même institution."
A l'AZ-VUB, où deux DPI sont réalisés en moyenne par jour et où l'on peut dépister une soixantaine de maladies différentes, quelque 600 enfants sont déjà nés à la suite d'un DPI, qui se pratique depuis 1994.
Quant à savoir ce que le Pr Devroey pense de la décision de l'Autorité britannique d'étendre les indications aux embryons porteurs d'une prédisposition au cancer du sein et de l'ovaire, en tant que vice-président du Comité consultatif de bioéthique, il pense que " le sujet mériterait certainement d'être débattu avec les spécialistes, cancérologues et généticiens. Mais aussi avec le Comité d'éthique. Tout dépend du risque d'avoir la maladie chez l'enfant. S'il est effectivement de 80 pc, je pourrais être assez ouvert à la demande. Par contre, s'il est de 20 pc... Dans le passé, nous avons, par exemple, déjà refusé une indication comme le diabète ".
(1) Au stade de 8 cellules, l'embryon est contrôlé par prélèvement d'un ou deux de ses cellules. S'il est porteur de la maladie, il est détruit. Au plus, on réimplantera deux embryons sains, représentant une chance de succès de 20 pc de grossesse.